Gorun était un disciple très aimé du Maître. « Je t’apprécie particulièrement », lui dit Jésus. « Je veux que tu dresses une tente pour toi-même sur le Mont Carmel, et que tu restes là un certain temps dans la méditation et la prière. » C’est ce qu’il fit. Bientôt, le bruit se répandit dans tous les villages environnants qu’un jeune saint était venu s’installer dans la région.

Un jour, Gorun se rendit dans le village le plus proche et demanda la charité. « S’il vous plait, donnez-moi une couverture. Les rats ont mangé celle que j’avais et il laissent une mauvaise odeur. A cause de cela, je ne peux pas dormir. »

Les villageois lui donnèrent volontiers ce qu’il demandait. Mais quelques jours plus tard, il demanda une autre couverture parce que les rats avaient également mangé la deuxième. Bientôt, il revint avec la même requête, puis à nouveau encore. Enfin, quelqu’un lui dit: « Nous ferions mieux de te donner un chat! Cela resoudra le problème pour de bon! »

Gorun retourna chez lui content. Les rats ne faisaient plus la loi. Mais deux jours plus tard, il était de retour: « Pourriez-vous, s’il vous plait, me donner un peu de lait pour le chat? » Les villageois furent heureux de s’exécuter. Mais le besoin persistait. Alors, ils décidèrent de lui donner une vache.

Mais il revint encore: « J’ai besoin de quelque chose pour nourrir la vache. » Ils décidèrent de lui donner un pâturage en prévision de ses besoins futurs. Il revint bientôt. Il n’était pas habitué à s’occuper à la fois de la terre et des animaux; ils lui donnèrent donc deux ouvriers pour l’aider. Ensuite, il eut besoin de briques et de matériaux pour construire des maisons pour les ouvriers. Puis la vache eut un veau, etc…

Les années passèrent, et Jésus vint voir son bien-aimé disciple. Un gros homme l’accueillit et lui demanda: « Qu’est-ce qui vous amène en ces lieux mon brave? Que désirez-vous acheter? » Le marchand désormais prospère ne reconnaissait plus son Maître…

Nous ne devons pas mettre de la distance entre nous et Jésus, pas même celle d’un jet de pierre. Même à une distance aussi courte, les disciples dormaient tandis que Jésus agonisait à Gethsémané. Reposer calmement sur la poitrine de Jésus, comme l’apôtre Jean le faisait, est préférable à toutes les grandes entreprises que l’on peut accomplir pour Son service.

Jésus a dit que le premier de tous les commandements est: « Ecoute, ô Israël » (Marc 12;29). Ecouter le battement de Son coeur aimant. Tout le reste découle de cela.

Le diable peut arracher quelqu’un à une vie d’ermite sur le Carmel, mais non à la poitrine-même du Christ. Béni soit l’homme qui peut faire son travail séculier et son travail visible pour l’église tout en se reposant en esprit sur la poitrine du Seigneur. S’il ne peut pas faire les deux, il devrait renoncer à son travail plutôt qu’à cette calme adoration.

Que Dieu vous bénisse

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