Le 18ᵉ siècle

L’Angleterre est tirée de ses ténèbres et de sa torpeur, et bientôt ce feu s’étendra au reste du monde. Le message de l’évangile qui sauve et sanctifie est prêché en plein air d’un bout à l’autre du pays par Whitefield et par Wesley, créant des remous considérables…

John Wesley, l’artisan du réveil

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John Wesley (1703-1791)

En Angleterre, au début du XVIIIe siècle, le christianisme était tombé très bas : l’Eglise ne connaissait plus la grâce mais uniquement la loi, à cause de la rigueur du puritanisme. De plus, la superstition, l’immoralité ainsi que l’amour de l’argent dominaient dans tout le Royaume. C’est dans ce pays que naquit John Wesley en 1703. A l’âge de 18 ans, il partit faire des études de théologie à Oxford. Il y menait une vie sérieuse, loin de la frivolité de la plupart de ses camarades. Avec son frère Charles et d’autres étudiants comme Georges Whitefield,

il mit en place des réunions pour étudier la Parole de Dieu. C’est de là que vient le sobriquet de « méthodistes » pour les disciples de Wesley, car ces réunions étaient minutieusement réglées. Ils visitaient également les malades, les prisonniers et donnaient des aumônes aux pauvres. Les méthodistes croyaient ainsi plaire à Dieu grâce à leurs bonnes oeuvres, mais leur piété n’était qu’extérieure. John Wesley dira plus tard de cette époque: « Je n’avais que des idées confuses sur le pardon des péchés. »

Auteurs du 18ᵉ siècle

» John Wesley

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George Whitefield prêchant dans un champ à Bolton, en 1750 (Thomas Walley, 1863)

Des prédications en plein air

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Les talents de Wesley étaient tels qu’on lui confia une chaire de grec dès l’âge de 23 ans. A 32 ans, il partit pour la Géorgie en vue d’évangéliser les colons et les Indiens. Sur le bateau, il fit la connaissance de 23 Moraves qui possédaient une sérénité que lui n’avait pas. Il resta travaillé par cette rencontre et 2 ans plus tard sur le bateau du retour, il réalisa qu’il n’était pas converti. A Londres, il prit contact avec de petites communautés Moraves et se converti 4 mois plus tard en mai 1738.

« Je mis ma confiance en Christ seul pour mon salut ; je reçus l’assurance qu’il avait ôté mes péchés », dira-t-il. Son frère Charles et leur ami George Whitefield se convertirent également, et dès lors ils se virent interdire de prêcher dans les églises car ils parlaient de la grâce de Dieu au lieu d’un sujet moral ou social. Ils se mirent donc à prêcher en plein air, là où il y avait des besoins spirituels. C’était le début du réveil : les gens accouraient en foule à ces réunions et étaient nombreux à se convertir.

John Wesley ne ménagea pas ses peines pour partager le message du salut aux âmes perdues: il parcourut le Royaume-Uni dans tous les sens pendant plus de cinquante ans, faisant face à de nombreux dangers, sans perdre courage, car il mettait toute sa confiance en Dieu. Il mourut en 1791. Ainsi, si au début du XVIII° siècle, l’Angleterre était dans de profondes ténèbres spirituelles, à la fin du siècle, l’Evangile avait été annoncé dans tous les coins du Royaume soit par Wesley et Whitefield, soit par leurs disciples.

Un autre foyer de réveil en Moravie

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Le Comte Zinzendorf (1700-1760)

Circulant en voiture dans ses terres, le jeune Comte Zinzendorf, un homme de prière, aperçut de loin une lueur dans les bois. Des descendants d’un groupe de Vaudois allemands qui, en 1480, s’étaient joints aux Frères de Bohême et de Moravie, avaient émigré et s’étaient installés chez lui. Descendant de voiture, le Comte entra chez eux et se mettant à genoux, remercia le Seigneur avec eux. Ils fondèrent là un village et une communauté qu’ils appelèrent Herrnhut (« la garde du Seigneur »). C’est dans ce lieu que débuta, en 1727, un réveil de prière où chacun se relaya durant une heure pour crier à Dieu en faveur du monde perdu.

Cette extraordinaire réunion d’intercession devrait durer 100 ans, donnant au monde des missionnaires enflammés dont la bannière – un agneau sur une terre rouge cramoisi – portait cette inscription: « Notre Agneau a vaincu, suivons-Le. » Le 8 octobre 1732, un bâteau hollandais partit pour les Indes avec les deux premiers missionnaires Moraves à son bord. Alors que le bateau s’éloignait, ils élevèrent la voix en lançant ce cri qui devait devenir un jour la prière de ralliement de tous les missionnaires moraves : « Que l’Agneau qui a été immolé reçoive la récompense de Sa souffrance. » Rien ne put surpasser la passion que les Moraves avaient pour les âmes si ce n’est leur passion pour l’Agneau de Dieu, Jésus-Christ.

Zinzendorf avait une autre vision que la mission: la restauration de la communauté apostolique. Il travailla à établir une communauté de saints qui s’aiment et se soutiennent mutuellement dans la prière et l’encouragement. La vision de Zinzendorf prit corps dans le petit village de Herrnhut. Travail et intérêts mis en commun, cellules de prière, jusqu’aux cantiques originaux, tout ici était unique au point que John Wesley, qui visita en 1738 cet « endroit joyeux » déclara, impressionné, dans son journal: « J’aurais aimé volontiers passer ma vie ici… Oh, quand est-ce que ce christianisme couvrira la terre tout comme l’eau recouvre la mer? »

Rebecca_Freundlich-Protten_60131812e6Fruit direct du réveil morave, Rebecca Protten (1718-1780) fut enlevée comme esclave à sa naissance et vendue à un planteur de l’île de St Thomas (Antilles britanniques).

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