Maître Eckhart (1260-1328)

Théologien et philosophe dominicain, Maître Eckhart est le premier des mystiques rhénans. Son enseignement est basé sur une invitation au détachement de « tout ce qui n’est pas Dieu » et au retour à la Divinité manifestée dans le Christ vivant en le cœur du croyant.

La vocation prédestinée de l’homme est d’être en Dieu. Si le Père engendre le Fils dans l’éternité, Dieu engendre le Fils dans le fond sans fond de l’âme.

Brève biographie

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Eckhart von Hochheim, dit Maître Eckhart est né en 1260 environ, à Hochheim (Thuringe). Il entre au couvent dominicain d’Erfurt en 1275, aurait fait des études d’arts à Paris, puis des études de théologie à Cologne vers 1280. À partir de 1294, il devient prieur d’Erfurt et vicaire de Thuringe.

Elu premier prieur provincial de Saxe en 1303, il est ensuite nommé au chapitre de Strasbourg en 1306. En 1307, Eckhart est Vicaire général de la province de Bohême. Nommé magister actu regens à Paris en 1311-1313, il est promu vicaire général de Teutonie, résidant à Strasbourg, vers 1314.

En 1325, il est l’objet d’une enquête disciplinaire mettant en cause son orthodoxie. Deux dominicains dénoncent en 1326 certaines de ses propositions à l’Inquisition et le 27 mars 1329, 28 thèses extraites ou prétendument extraites des œuvres latines et des prédications allemandes de Maître Eckhart sont condamnées par une bulle de Jean XXII.

En 1992, le Chapitre général dominicain demande la réhabilitation de Maître Eckhart, soutenu par les spécialistes allemands du droit médiéval selon lesquels « la mise en accusation d’Eckhart dans une bulle limitée géographiquement est le fruit de querelles internes à l’Ordre dominicain, venues de la volonté de réforme du frère Eckhart ». Sa condamnation ayant eu pour origine avant tout le fait qu’il ait cherché à faire passer ses théories, non pas dans ses traités théologiques en latin – dont la lecture était réservée à un petit nombre de lettrés – mais dans ses sermons publics adressés en langue vernaculaire, donc comprise de tous, à des dominicains mais aussi à des béguines et surtout à de simples laïcs.

Cette demande aboutit à un jugement déclarant que sa réhabilitation n’avait pas lieu d’être. Le Maître de l’Ordre de l’époque, Timothy Radcliffe, la résume ainsi, dans une lettre datée du 15 août 1992 à Peter Talbot Wilcox, alors président de la British Eckhart Society: «Nous avons essayé de faire lever la censure qui pesait sur Eckhart», on nous a répondu qu’en réalité ce n’était pas nécessaire car il n’a jamais été condamné en son nom propre; que c’est seulement le cas de certaines de ses propositions. Par conséquent, nous sommes parfaitement libres de dire que c’est un bon théologien orthodoxe».

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