Auteurs Divers

Anonymes ou auteurs dont peu d’écrits nous sont restés, ils nous donnent cependant un aperçu de la foi vivante et brûlante du christianisme primitif.

Que ce soit par leurs confessions, lettres, apologies ou prières, et malgré certains points sujets à discussion, ils n’en sont pas moins des témoins bouillants de leur époque.

Tome à Flavien

Né en Toscane ou à Rome vers 390 et mort en 461, fils d’un dénommé Quintianus, Léon 1er, dit le Grand, pape de 440 à 461, est connu pour son intervention dans les controverses christologiques du 5è siècle concernant les innombrables querelles sur la personne et la nature du Christ.
Dans le Tome à Flavien, lettre publiée le 13 juin 449 et adressée au patriarche de Constantinople, il exprime de façon magistrale la doctrine de l’unicité de la personne du Christ subsistant en deux natures distinctes et réfute ainsi clairement le monophysisme. Lors du concile à Chalcédoine, en 451, à la lecture de cette lettre, l’assemblée se lève et déclare : « C’est là la foi des Pères. C’est là la foi des Apôtres. Nous croyons tous ainsi. […] Pierre a parlé par la bouche de Léon ».

Homélie du 2ème siècle

Auteur anonyme. Début : « Frères, nous devons regarder Jésus-Christ comme nous regardons Dieu, comme « le juge des vivants et des morts », et nous ne devons pas estimer peu notre salut. Car si notre estime est médiocre, médiocre aussi est notre espérance. Ceux qui n’entendent là que de médiocres promesses sont en état de péché et nous péchons nous-mêmes si nous ne savons pas d’où nous avons été appelés, par qui, et pour quelle destinée, ni toutes les souffrances que le Christ a endurées pour nous. »

Epître de Clément de Rome aux Corinthiens

Troisième évêque de Rome après Pierre selon Irénée, ayant détenu la charge épiscopale de 92 à 101 selon Eusèbe. Origène et Jérôme ont vu en Clément de Rome le disciple de Paul mentionné dans l’Épître aux Philippiens, d’autres ont pensé l’identifier avec le consul T. Flavius Clemens, exécuté sur l’ordre de Domitien.
L’Epitre de Clément à l’Église de Corinthe adressée par l’Église de Rome a été écrite vers 95-98. Cette lettre est écrite à l’occasion de troubles survenus dans l’Église de Corinthe, où de jeunes membres de la communauté se sont insurgés contre les presbytres et les ont déposés de leur charge. Elle vise à les rappeler à la concorde et à l’obéissance.

Lettre à Diognète

Datant des environs de 160, cette épître anonyme adressée à un païen de haut rang est une des plus anciennes apologies qui nous soit parvenues. Quoique l’on ignore tout de son auteur, elle est généralement classée parmi les écrits des Pères apostoliques.

Le Pasteur – Hermas

Hermas n’est connu que par les détails autobiographiques que contient son œuvre : esclave de naissance, affranchi par la matrone qui l’avait acheté, il se serait adonné au commerce. Ayant perdu ses biens à la suite d’une dénonciation portée contre lui par ses propres fils, il aurait alors fait pénitence.
« Le Pasteur » d’Hermas est une œuvre chrétienne de langue grecque datée du début du IIè siècle, probablement entre 130 et 140. Irénée, Clément d’Alexandrie, Origène et Tertullien ont considéré le livre comme inspiré ; mais le Décret de Gélase (fin du 5è siècle) le classait parmi les apocryphes, et le Canon de Muratori ne le tenait pas pour canonique. L’œuvre n’a finalement pas été retenue pour figurer parmi les textes du Nouveau testament, lorsque la définition de son corpus est devenue définitive.
La première partie de l’ouvrage est consacrée au récit de cinq « visions » qu’eut l’auteur, qui manifestent allégoriquement la gravité du péché et la miséricorde de Dieu, qui permet au pécheur repentant d’être pardonné une seconde fois, qui sera la dernière!, des fautes commises après le baptême. À partir de la cinquième vision, un ange vêtu en berger (origine du titre de l’œuvre) explique les allégories. Le texte revêt alors un caractère plus éthique ; il énonce douze préceptes moraux et illustre au moyen de dix « similitudes » la béatitude promise aux vertueux.
Fort peu connue dans l’Église d’Occident, bien plus dans l’Église d’Orient, l’œuvre est contenue dans le Codex Sinaïticus.

Lettre à Coroticus

Dans cette lettre, Patrick d’Irlande (qui se nomme lui-même par son nom latin « Patricius »), s’adresse à un chef breton, chrétien de nom, qui avait massacré et enlevé plusieurs nouveaux convertis, et invite tous les lecteurs de cette lettre à faire pénitence et à réparer.
Extrait : « Aussi je ne sais sur qui m’affliger davantage, sur ceux qui ont été tués ou ceux qu’ils ont pris, ou ceux que le diable a violemment pris dans ses rets. Par un châtiment éternel, ils seront esclaves avec lui, parce que celui qui fait un péché est esclave et est appelé fils du diable. »

Confession de Patrick d’Irlande

Maewyn Succat, né vers l’an 385 en Écosse, fils d’un centurion romain, nous est plus connu sous le nom de Patrick, qui dès 411, évangélisera l’Irlande et tentera de « sortir les irlandais de leurs errances druidiques » pour les convertir aux préceptes chrétiens.
Selon les écrits, Patrick expliquera au roi Aengus le concept de trinité en se servant d’un trèfle, illustration qui convaincra alors le roi, et marquera le début de sa conversion. La métaphore fut si frappante, que l’Irlande décida de faire du trèfle son symbole national.
L’évangélisation du roi constitue une étape majeure dans le travail de christianisation de Patrick et la diffusion de la religion chrétienne prend très vite une dimension nouvelle.
Après de longues années d’évangélisation, il se retire à Downpatrick où il meurt le 17 mars 461. A sa mort l’Irlande était chrétienne : Patrick avait assuré la conversion globale du pays.

Epître de Barnabas

Ecrite entre 70 et 132, cette épître est traditionnellement attribuée au chef du premier voyage missionnaire que Paul de Tarse a effectué, selon les Actes des Apôtres, parfois désigné sous le nom de « Barnabé d’Alexandrie », personnage de rang quasi-apostolique lié à l’église de Jérusalem, puis à celle d’Antioche, qui outre l’évangélisation des territoires mentionnés dans les Actes des Apôtres, pourrait avoir évangélisé Alexandrie et l’Égypte avec son cousin Marc à qui est attribué l’évangile qui porte son nom.
Écrite en langue grecque, elle figure dans le Nouveau Testament du Codex Sinaiticus du IVe siècle. Elle ne figure pas dans le Nouveau Testament aujourd’hui.

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