Cyprien de Carthage (200-258)

Evêque de Carthage et Père de l’Église, il est, après Augustin d’Hippone, l’un des plus grands témoins de la doctrine de l’Église latine des premiers siècles.

Cyprien a écrit de nombreux traités ainsi que des lettres, documents historiques précieux de par la simplicité dont ils font preuve.

Brève biographie

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Né en Afrique du Nord vers 200, de parents païens d’origine berbère, il fait d’abord une carrière de rhéteur à Carthage. Il professe la rhétorique et se convertit assez tard au christianisme.

Il devient prêtre puis, en 249, évêque de Carthage, où il est confronté à de nombreuses difficultés pendant la persécution de Dèce: révolte des confesseurs, problème de la réconciliation des lapsi (chrétiens qui ont renié la foi en raison des persécutions), éclatement de schismes à ce sujet en Afrique et à Rome, où Novatien choisit la sévérité et fonde une Église dissidente.

La mort de Dèce en 251 lui apporte quelques années de répit, malgré les menaces de persécution toujours présentes.

En 255 commencent des disputes avec Étienne, évêque de Rome, sur différents sujets: Cyprien refusait la réhabilitation de deux évêques espagnols apostats, souhaitait écarter de la communion Marcianus d’Arles, novatianiste, et se prononçait contre la validité du baptême donné par les hérétiques.

Le traité « De l’unité de l’Église », publié en 251, est l’une de ses œuvres clé, Cyprien n’ayant de cesse de mettre en garde ses contemporains contre l’orgueilleuse tentation de créer une église parallèle à la «grande Église». L’une de ses expressions les plus connues: «hors de l’Église, il n’y a pas de salut», a malheureusement souvent été mal comprise et est devenue la source de nombre d’horreurs que l’on sait.

Cyprien est exilé en août 257, quand paraît le premier édit persécuteur de Valérien. Un an après, revenu dans sa ville épiscopale, il y est, en vertu du second édit, décapité le 14 septembre 258 avec plusieurs de ses compagnons ecclésiastiques, dont Flavien de Carthage.

A Démétrien

« Depuis longtemps, ô Démétrien, vous déclamez contre le Dieu unique et véritable […] j’ai résolu d’être patient. Mais aujourd’hui […] En présence de ces calomnies, je ne puis me taire plus longtemps… »

Sur la vanité des idôles

« Dieu ne peut être vu, son éclat le dérobe à nos regards; il ne peut être saisi, sa nature spirituelle échappe à notre main; il ne peut être compris, il est trop élevé au-dessus de notre intelligence […] Quel temple érigerons-nous à ce Dieu qui remplit l’univers? »

Sur la pureté

« Ces préceptes regardent tous les sexes, tous les âges, aussi bien les hommes que les femmes, les jeunes gens que les jeunes filles. Que chacun, fort de sa religion et de sa confiance en Dieu, veille avec crainte sur ce dépôt de grâce et de sainteté qu’il tient de la bonté du Seigneur… »

Sur la patience

« Voulez-vous avoir une idée de la patience de Dieu? On insulte sa majesté infinie par des temples profanes, par des idoles impures, par des cérémonies sacrilèges et il le souffre, et il fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants… »

Sur la mort et les épreuves

« Qu’il s’agisse de la perte de votre fortune, de la maladie qui vient tourmenter votre corps, de la mort de votre épouse et de vos enfants sur lesquels vous êtes réduits à pleurer, regardez tous ces accidents non comme des occasions de chute mais comme des combats. »

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