Jean Chrysostome (344-407)

Archevêque de Constantinople, il est l’un des Pères de l’Église grecque et est compté parmi les «Trois saints hiérarques» par l’église orthodoxe, avec Grégoire de Naziance et Basile de Césarée.

Prédicateur inlassable, commentateur de l’Évangile, il entrecroise en permanence deux thèmes: la gloire de Dieu et l’amour du prochain. Sa rigueur et son zèle le conduiront à l’exil et à la mort.

Brève biographie

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Né à Antioche d’une famille chrétienne, Jean Chrysostome est élevé par sa mère après la mort de son père, officier dans l’armée syrienne.

Après avoir mené, selon son propre témoignage, une jeunesse désordonnée, il demande le baptême à l’âge de 18 ans, puis se consacre à la théologie.

D’abord diacre puis ordonné prêtre, il devient ensuite prédicateur et directeur spirituel, et rédige de nombreux traités.

Son talent d’orateur lui vaut une certaine célébrité, mais il s’élève contre la corruption des mœurs et la vie licencieuse des grands, ce qui lui attire rapidement l’inimitié des classes supérieures et des évêques par ses critiques sévères de leur mode de vie non conforme à l’idéal évangélique.

Très rigoureux, il impose un mode de vie frugal et austère à son entourage. Il destitue les prêtres ou les évêques et ramène de force à leur couvent les moines vagabonds. Il s’attaque également aux hérétiques, aux Juifs et aux païens.

Malgré tout, sa renommée va cependant grandissant. Mais condamné et exilé, Jean, affaibli par la maladie, meurt en 407 au cours du voyage près de Comana dans le Pont. Selon la tradition, ses derniers mots sont: «Gloire à Dieu en toutes choses»

Sur la justice des châtiments de Dieu en ce monde

« S’il vous arrive de voir tel ou tel commettre la rapine et la fraude sans recevoir sa punition, commencez par examiner votre conscience, discuter votre vie et rechercher vos propres fautes. Alors vous comprendrez qu’il vous est avantageux, à vous tout le premier, que chacun de nos péchés ne soit pas châtié sur-le-champ. »

Qu’il ne faut anathémiser personne

« Je vois des hommes qui n’ont ni la raison formée par l’étude des saintes Écritures, ni même la première teinture de cette science sacrée: des fous, des baladins, «des gens qui ne savent ce qu’ils disent ni de quoi ils parlent»; je les vois n’ayant pas d’autre courage que celui de dogmatiser à tort et à travers et de crier «anathème!» à ce qu’ils ignorent. »

De la persévérance et de la Grâce

« Écoutez, vous tous qui luttez contre la pauvreté et la maladie, qui êtes accablés par les difficultés et les inquiétudes de cette vie, et éprouvés par des catastrophes imprévues. Il y a dans l’exemple du paralytique de quoi consoler toutes les infortunes humaines. »

De l’égalité de Dieu et de Christ

« Ce n’est pas seulement dans les Evangiles et les Epîtres, mais aussi dans les Prophètes et dans toute l’ancienne loi que brille du plus vif éclat la gloire du Fils unique. […] Partout, les puissances célestes sont debout et le Seigneur assis. Si donc le Fils est assis, c’est qu’il possède le pouvoir suprême et non pas seulement la dignité de ministre. »

Des prières de Jésus-Christ

« Plusieurs hérétiques disent que «le Fils n’est pas semblable au Père» [et] «comment celui qui prie serait-il semblable à celui qui reçoit la prière?» Mais ils blasphèment, ils ne comprennent pas que Jésus prie pour condescendre et se proportionner à la faiblesse des assistants. »

De l’impossibilité de décrire Dieu (5)

« Puisque cette essence [de Dieu] est inconnue, arrière les insensés qui affichent la prétention de la connaître! […] Que tel soit le nom de sa substance, aucun prophète ne l’a dit; aucun apôtre, aucun évangéliste ne l’a insinué. Et avec raison car, ignorant l’essence elle-même, comment auraient-ils pu la nommer? »

Personne n’a jamais vu Dieu (4)

« Que les prophètes n’aient vu qu’une ombre de Dieu et non son essence pure, la diversité de leurs récits le prouve. […] C’est comme s’il [Dieu] disait: «Je n’ai pas montré mon essence elle-même, mais je me suis proportionné à la faiblesse de leurs yeux». »

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