Théophile d’Antioche (?-183)

Septième évêque de l’Église d’Antioche, au 2ème siècle.

Connu par quelques notices anciennes, ainsi que par le seul de ses traités, une apologie, qui a été préservé : le Traité à Autolycus.

Brève biographie

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Théophile semble être originaire d’Assyrie, comme Tatien, mais sa langue et tout son arrière-plan sont grecs. C’était probablement un païen, moyennement cultivé, mais que la lecture ne rebutait pas. De toutes les disciplines intellectuelles, il n’y a guère que l’Histoire pour laquelle il manifeste de l’intérêt. Il n’a que peu d’attrait (voire du dédain) pour les sciences et la philosophie, et les mythes du paganisme ne le satisfaisaient pas.

C’est après avoir lu «les écrits sacrés des saints prophètes» qu’il a été convaincu et est devenu chrétien. Peut-être est-ce à ce moment qu’il prit le nom de Théophile (Θεόφιλος, «aimé par Dieu»).

À une époque où être qualifié de chrétien, c’est tout à la fois subir une injure et être accusé de crime, c’est avec fierté que Théophile revendique son appartenance.

À la suite de circonstances dont on ignore tout, il devient évêque de l’Église d’Antioche, succédant à Éros vers 169. On le suppose mort en 183 ou 185.

Liens externes
» Biographie (Wikipedia)

Traité à Autolycus (vers 170-177)

De tous les écrits de Théophile, le Traité à Autolycus, une apologie, est le seul qui ait été conservé, de sorte que son auteur a reçu le qualificatif d’«apologiste».

Dans son apologie, il s’adresse à un païen pour le moins sceptique, qui ne semble pas manifester la moindre sympathie pour les chrétiens et ce qu’il croit savoir d’eux. Face à un tel interlocuteur, Théophile choisit scrupuleusement les thèmes qu’il développe et ceux qu’il effleure à peine… voire pas du tout. En effet, Autolycus lui ayant vanté la gloire des dieux et de leurs statues, et lui reprochant vigoureusement de se dire chrétien, Théophile répond par trois livres successifs. Son objectif est de démontrer que la foi des chrétiens en un Dieu invisible, irreprésentable, n’est pas une innovation déraisonnable, mais s’appuie au contraire sur une sagesse de la plus haute antiquité, ayant sa source en Dieu même. Aussi va-t-il s’employer à présenter ce Dieu créateur de l’univers, sage législateur de l’humanité en se fondant sur des écrits qui ne sont ni récents, ni légendaires.

L’apologie se compose de 3 livres que l’on peut schématiser comme suit :

Livre 1 : «Le Dieu des chrétiens»

Livre 2 : «Supériorité des auteurs sacrés sur les profanes»

Livre 3 : «Antériorité des Livres sacrés sur les auteurs profanes»

Traité à Autolycus – Livre 3

Malgré les entretiens que nous avons eus jusqu’alors, vous traitez toujours avec mépris la doctrine de vérité, vous regardez nos saintes Écritures comme des livres tout à fait nouveaux; en reprenant les choses dès l’origine, il me sera facile de vous convaincre de la haute antiquité de ces divins livres.

Traité à Autolycus – Livre 2

Puisque vous m’en avez vous-même prié, je veux aujourd’hui, malgré mon peu d’habileté, vous démontrer dans ce petit livre, l’inutilité de vos efforts contre la vérité et la folie de vos superstitions. J’exposerai même sous vos regards, pour mieux vous convaincre, les témoignages tirés de vos propres historiens, que vous lisez sans doute, mais que peut-être vous ne comprenez pas encore.

Traité à Autolycus – Livre 1

Cher Autolyque, vous m’avez assez fatigué de vains discours, d’éloges sans fin en l’honneur de vos dieux de bois et de pierre, de métal et d’argile; de vos dieux peints et sculptés, qui ne voient ni n’entendent, car ils ne sont que de stupides idoles, œuvres de la main des hommes: assez longtemps vous m’avez reproché d’être Chrétien et d’en porter le nom. Eh bien, oui, je le suis! je le confesse hardiment, et je me glorifie d’un nom agréable à Dieu, dans l’espérance de ne lui être point inutile.

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