«Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre…?» Luc 7:19

Le texte de ce jour concerne une tragédie du passé, mais qui est toujours actuelle. Jean-Baptiste avait prophétisé à la nation qu’un grand Maître et Sauveur allait venir. Durant une période plus ou moins longue, il disait au peuple: «Patientez, attendez-le, il va venir!».

Lorsque Jésus, celui qu’on attendait désespérément, vint et commença son ministère public, il avait ses propres manières d’agir. Il exerçait son ministère d’une façon différente que son prédécesseur Jean Baptiste. Et ce même Jean, qui ravivait la flamme d’espérance d’un Sauveur qui allait venir pour régner dans le coeur des croyants, se mit à avoir de sérieux doutes au sujet de Jésus car il ne correspondait pas à l’image qu’il s’en était fait.

Des tragédies et des doutes

La Bible se fait l’écho de nombreuses tragédies. Au doute qui envahit Jean Baptiste, Jésus ne répond que par des paroles d’estime sur sa personne. Jean est incarcéré, comme de nombreux enfants de Dieu – Joseph, Jérémie, Paul et d’autres – et tous ont eu leur lot de souffrance. On constate que les accusations pour lesquelles ils ont été enfermés étaient très différentes, mais toujours fausses. En vérité, ils étaient jetés en prison parce que Dieu avait en vue pour eux de nobles tâches et son dessein était de les y préparer par la souffrance. C’est aussi la raison pour laquelle Jean-Baptiste se trouvait en prison.

On raconte que Niels Mauge, l’homme qui fut l’instrument d’un réveil en Norvège au début du dix-neuvième siècle, fut jeté en prison pour sa foi pendant sept ans. Lorsqu’il quitta sa cellule, il était un homme brisé non seulement physiquement, mais aussi dans son être intérieur. Ne soyez pas surpris que la foi d’un homme brisé par la souffrance soit vacillante. Au contraire, vous devriez être émerveillé qu’elle ait résisté, même si elle s’est amenuisée. Même un géant de la foi comme Jean Baptiste fut atteint par le doute, incertitude qu’il partagea avec d’autres. Les raisons en étaient diverses. Il s’imaginait que le Messie annoncé serait un homme sévère: «Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point» (Matt. 3:12). La venue du Messie contredisait cette attente. En lieu et place, Jésus était devenu l’ami des publicains, des pécheurs, des prostituées, et il ne considérait même pas les méchants comme de la paille. Au contraire, ils étaient pour lui de pauvres êtres humains susceptibles d’être transformés en nouvelles créatures pour le Royaume de Dieu.

Jean Baptiste condamna l’adultère avec sévérité. En fait, ce fut la principale raison de son emprisonnement. On imagine aisément que la manière dont Jésus avait résolu un cas d’adultère devait l’avoir profondément choqué. Lorsque Jésus fut appelé à prononcer un jugement, il s’adressa à la femme coupable en lui disant: «Va et ne pèche plus. Je ne te condamne pas non plus!».

Une seule réponse: la foi

Jean Baptiste était un ascète, tandis que Jésus est venu manger et boire; il multiplia la quantité de vin aux noces de Cana. Jean demandait à ceux qu’il rencontrait de produire des fruits dignes de la repentance. Ses attentes étaient hors normes: «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point…» (Luc 3:11). Par contre, ceux qui approchaient Jésus et lui demandaient: «Que devons-nous faire pour accomplir les œuvres de Dieu?  : C’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé» (Jean 6:29). La foi! Rien d’autre: demander à un noir de devenir blanc ou à un tigre de n’avoir pas de zébrures sur son pelage est insensé; Jésus le savait bien. Il est bien écrit dans la Bible que celui qui a deux tuniques devrait partager avec celui qui n’en a pas. Quoi donc, connaissez-vous une femme qui n’ait pas au moins deux robes et un homme deux pantalons? Il ne serait pas possible de modifier les éléments d’un atome, à moins d’y ajouter des électrons pour le transformer en un autre élément. De même, l’homme naturel ne peut pas être changé en exigeant de lui quelque vertu, à moins qu’on lui ajoute un autre élément qui lui fait défaut: la foi. Et la foi transformera sa vie.

Même dans le doute

Jésus n’a pas fait usage de son pouvoir miraculeux pour que Jean Baptiste soit libéré; c’est là une des raisons pour lesquelles le doute a envahi le coeur de Jean. Le Seigneur avait certainement en vue pour lui un ministère plus élevé dans le monde spirituel une fois que le disciple aurait quitté ce monde et serait entré dans l’éternité. Nos yeux de croyants sont trop souvent fermés quand nous passons par la souffrance. Jean était un être humain comme nous et le doute que nous venons d’évoquer ne l’abaisse aucunement. Le diable a réussi à faire chuter les anges, à faire pécher Adam, tout comme Noé, lui qui était un homme juste. A son tour, Jean Baptiste s’est laissé aller au doute.

Aux interrogations de Jean, Jésus répondit par ces mots: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez; les aveugles voient, les boityeux marchent, les morts ressuscitent» (Matt. 11:4,5).

Aujourd’hui encore, Jésus agit de la même manière dans le monde spirituel: il guérit les âmes malades, il donne la vie à ceux qui étaient morts dans leurs péchés. Il redonne la vie à des églises mortes. Jésus disait : «Jugez-moi selon ce que je fais!» Accepteriez-vous que votre religion soit jaugée selon ce critère?

Béni soit l’homme pour qui Jésus n’est pas une pierre d’achoppement! Béni soit l’homme qui ne cherche pas à mouler Jésus d’après ses idées, mais qui l’accepte tel qu’il est, qui prend place humblement aux pieds de son Maître et Seigneur!

Que Dieu vous bénisse

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