Au témoignage de l’Écriture, il n’y a pas d’Égyptien libre. Car Pharaon «réduisit son peuple en servitude», ne laissant personne de libre en Égypte, supprimant même la liberté dans tout le pays. Sans doute est-ce à cause de cela qu’il est écrit: «Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude». L’Égypte devint donc la maison de la servitude et, ce qui est plus regrettable, de la servitude volontaire. Toutefois, quand il s’agit des Hébreux, qui ont été eux aussi, au rapport de l’Écriture, réduits en servitude, à qui on a arraché la liberté et qui ont eu à supporter le joug de la domination, il est dit que c’est par la violence qu’ils y furent amenés. En effet, il est écrit: «Les Égyptiens détestaient les enfants d’Israël et les opprimaient durement par la violence. Ils leur rendaient la vie amère par de rudes travaux, mortier, briques et toute sorte de travaux des champs, par quoi ils les réduisaient en servitude avec dureté». Remarquez bien qu’il est écrit que c’est par la violence que les Hébreux furent réduits en servitude: ils possédaient une liberté naturelle dont on ne pouvait les dépouiller que par la violence et non pas facilement par artifice. Tandis que lorsqu’il s’agit du peuple égyptien, c’est facilement que Pharaon le réduisit en servitude et il n’est pas écrit qu’il fut obligé d’y employer la force. Car les Égyptiens sont naturellement portés à une vie dégradante et deviennent vite les esclaves de toute espèce de vices. Considérez leur origine: vous verrez que leur ancêtre Cham, qui s’était moqué de la nudité de son père, avait mérité de s’entendre dire que son fils Chanaan serait l’esclave de ses frères et qu’ainsi sa condition d’esclave témoignerait de sa dépravation morale. Il est donc bien juste que la corruption de la postérité soit le reflet de la flétrissure originelle de la race. Les Hébreux, au contraire, s’ils sont réduits en servitude, s’ils sont victimes de la tyrannie des Égyptiens, le sont par la violence et par la contrainte. Aussi peuvent-ils être affranchis de la maison de servitude et revenir à la liberté d’autrefois, qu’ils ont perdue sans le vouloir. Pour cette raison, les lois divines prévoient que quiconque aura acheté un esclave hébreu ne le garde pas indéfiniment en servitude: «l’esclave servira six années et, la septième, s’en ira libre». Rien de semblable n’est prévu pour les Égyptiens: nulle part la loi divine n’a cure de la liberté des Égyptiens, cette liberté qu’ils ont perdue en le voulant bien; la loi les laisse sous le joug éternel de leur condition de servitude perpétuelle.

Si nous voulons interpréter spirituellement cette servitude des Égyptiens, nous reconnaissons qu’elle n’est pas autre chose que l’attachement aux vices charnels et la dépendance aux démons. Ce n’est certes pas une nécessité venue du dehors qui contraint à cela mais ce qui y mène, c’est le relâchement de l’esprit, c’est le désir et la volupté charnelle auxquels l’esprit se soumet par laisser-aller. Celui au contraire qui se préoccupe de la liberté de son âme et qui entretient la noblesse de son esprit par des pensées célestes, celui-là fait partie des enfants d’Israël. Même opprimé par la violence pour un temps, il ne perd pas sa liberté pour toujours. Au reste, parlant dans l’Évangile de la liberté et de la servitude, notre Sauveur s’exprime ainsi: «Quiconque commet le péché est esclave du péché», et encore: «Si vous demeurez en ma parole, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres».

On pourrait nous dire: «comment se fait-il que ce soit Joseph qui ait mis le pays en possession de Pharaon, et que ce soit ce saint qui ait décrété pour Pharaon, selon ce que dit l’Écriture, cette servitude générale, qui n’est que la conséquence de l’état de péché, comme nous venons de l’expliquer?» A quoi nous pouvons répondre que l’Écriture elle-même justifie la mesure prise par le saint, puisqu’elle dit que ce sont les Égyptiens qui ont vendu leur personne et leurs biens. La faute ne retombe donc pas sur celui qui gouverne quand c’est l’état de ceux qui sont gouvernés qui commande les mesures à prendre. Vous trouverez aussi que Paul fit quelque chose de semblable quand «il livra à Satan», pour qu’ils «apprennent à ne pas blasphémer», ceux qui par leurs ignobles agissements s’étaient rendus indignes de la compagnie des saints. Or nul ne peut dire que ce soit Paul qui ait agi rigoureusement en chassant ces hommes de l’Église et en les livrant à Satan. Mais la faute en revient évidemment à ceux qui ont mérité par leurs agissements de n’avoir pas de place dans l’Église et d’être mis en compagnie de Satan. C’est de la même façon que Joseph, sachant qu’il n’y avait chez les Égyptiens ni la liberté des Hébreux ni la noblesse d’Israël, attacha au maître qui leur convenait des esclaves qui le méritaient. J’irai même plus loin et je dirai que vous trouverez quelque chose de semblable dans le gouvernement divin, au sujet notamment de ce que dit Moise: «Quand le Très Haut sépara les nations et fixa les limites des peuples, il les fixa d’après le nombre des anges de Dieu, et Jacob devint la portion du Seigneur et Israël le lot de son héritage». Par quoi vous voyez que c’est en fonction des mérites des anges qu’est attribuée à chaque peuple sa souveraineté, mais que «la portion du Seigneur», c’est le peuple d’Israël.

La suite, maintenant: «Les Égyptiens, dit l’Écriture, vendirent leur terre à Pharaon, car la faim les pressait». Il y a là, me semble-t-il, un reproche pour les Égyptiens. Car quand il s’agit des Hébreux, on ne trouve pas facilement dans l’Écriture que «la faim les pressait». Bien qu’il soit écrit que la famine s’appesantit sur le pays, il n’est cependant pas écrit que la faim pressa Jacob ou ses fils, mais il est dit que la faim pressa les Égyptiens. Car la faim atteint les justes mais elle ne les presse pas, aussi s’en glorifient-ils, comme fait Paul que l’on voit rendre grâces de bon cœur au milieu d’épreuves de ce genre, quand il dit: «Dans la faim et la soif, dans le froid et la nudité». Car ce qui est exercice de la vertu pour les justes est punition du péché pour les méchants.

Quoi qu’il en soit, il est écrit qu’à l’époque d’Abraham «il y eut une famine dans le pays et Abraham descendit habiter en Égypte, car la famine s’était appesantie sur le pays». Si l’Écriture divine s’exprimait en une langue maladroite et qui ne se surveille pas, comme le veulent quelques-uns, elle aurait dû dire qu’Abraham descendit habiter en Égypte parce que la famine s’était appesantie sur lui. Or regardez plutôt la précision et la prudence du langage divin: quand il s’agit des saints, l’Écriture dit que la famine «s’appesantit sur le pays»; quand il s’agit des méchants, elle dit que ce sont eux qui sont «pressés par la famine». Or ni Abraham, ni Jacob, ni ses fils ne sont pressés par la famine, mais si la famine s’appesantit, il est dit que c’est sur le pays qu’elle le fait. A l’époque d’Isaac aussi, il est écrit: «il y eut une famine dans le pays, outre la première famine qui avait eu lieu du temps d’Abraham». Et cette famine presse si peu Isaac que le Seigneur lui dit: «Ne va pas en Égypte, mais habite le pays que je te montrerai. Séjourne dans ce pays et je serai avec toi».

C’est cette considération je pense, qui, longtemps après cette époque, a fait dire au prophète: «J’ai été jeune et me voilà vieux, je n’ai pas vu le juste abandonné ni sa postérité mendiant son pain», et ailleurs: «Le Seigneur ne fera pas périr le juste de faim». Tous ces textes montrent que les victimes de la famine, c’est la terre et «ceux qui sont attachés aux choses de la terre». Mais ceux dont la nourriture est de «faire la volonté du Père qui est dans les cieux» et qui nourrissent leur âme du «pain qui est descendu du ciel», ceux-là ne souffriront jamais des privations de la famine. Aussi est-ce à dessein que l’Écriture divine n’emploie pas l’expression d’«être pressé par la faim» pour ceux qui, à sa connaissance, possèdent la science de Dieu et reçoivent la nourriture de la Sagesse céleste.

Dans le troisième livre des Rois, on trouve la même précaution pour parler d’une famine: comme la famine s’appesantissait sur le pays, Elie dit à Achab: «Il est vivant, le Seigneur Dieu des vertus, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, s’il n’y a ces années-ci de rosée et de pluie sur la terre qu’à ma parole», à la suite de quoi le Seigneur charge des corbeaux de nourrir le prophète et commande à celui-ci de boire l’eau du torrent de Chorrat. Une autre fois, à Sarepta de Sidon, il charge une veuve de nourrir le prophète; il ne restait à celle-ci que pour un jour de vivres mais le don généreux et l’abandon complet qu’elle en fit les rendirent inépuisables et les firent abondamment se multiplier. Car selon la parole du Seigneur, le pot de farine et la cruche à huile ne se trouvèrent pas en défaut pour nourrir le prophète. On trouve encore la même chose à l’époque d’Elisée, quand le fils de Iader, roi de Syrie, monta contre Samarie et l’assiégea: «Et il y eut une grande famine à Samarie, au point qu’une tête d’âne valait cinquante sicles d’argent et un quart de fiente de pigeon cinq sicles d’argent». Mais subitement, un changement merveilleux se produisit à la voix du prophète qui disait: «Écoutez la parole du Seigneur. Voici ce que dit le Seigneur: Demain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d’orge pour un sicle, à la porte de Samarie». Ainsi vous voyez ce qu’il faut retenir de tous ces textes: c’est que lorsque la famine ravage la terre, non seulement les justes ne la ressentent pas mais au contraire, c’est eux qui indiquent le moyen d’échapper au désastre menaçant.

Maintenant que vous voyez que presque tous les passages de la Sainte Écriture fournissent l’occasion des mêmes remarques, appliquez-les au sens tropique et allégorique dont l’enseignement ne nous est pas moins révélé par les paroles des prophètes eux-mêmes. Car c’est bien évidemment de faim spirituelle que parle sans détour l’un des douze prophètes, quand il dit: «Voici que des jours viennent, dit le Seigneur, et j’enverrai une faim sur la terre, non une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim d’entendre la parole de Dieu». Ainsi vous voyez quelle est la faim qui presse les pécheurs et la famine qui s’appesantit sur la terre: ceux qui sont de la terre, «qui n’ont de goût que pour les choses terrestres» et qui «ne peuvent pas recevoir les choses de l’Esprit de Dieu», ont «faim de la parole de Dieu». Ils n’écoutent pas les préceptes de la loi, ils méconnaissent les avertissements des prophètes, ils ignorent les encouragements des Apôtres, ils n’éprouvent pas les effets guérisseurs de l’Évangile. Aussi est-ce à juste titre qu’il est dit en parlant d’eux que «la famine s’est appesantie sur la terre». Tandis que pour les justes et pour ceux qui «méditent la loi du Seigneur jour et nuit», «la Sagesse dresse sa table, tue ses victimes, mêle son vin dans la coupe et appelle à haute voix». Ce n’est pas pour que tous viennent, ni pour que les opulents ou les riches ou les sages de ce monde descendent chez elle mais, dit l’Écriture, «que ceux qui sont dépourvus d’esprit viennent à moi». Cela veut dire que ceux qui sont «humbles de cœur», qui ont appris du Christ à être «doux et humbles de cœur», (ailleurs ils sont appelés «pauvres en souffle», mais ils sont riches par la foi), viennent au festin de la Sagesse, se restaurent de ses nourritures et repoussent «la famine qui s’appesantit sur la terre».

Quant à vous, veillez à n’être pas des Égyptiens que presse la faim. Ne vous laissez pas prendre aux occupations du siècle, ni enchaîner aux liens de l’avarice, ni amollir par les excès de la luxure. Ne vous privez pas des nourritures de la Sagesse toujours servies dans les églises de Dieu. Car si vous fermez vos oreilles à ce qu’on lit ou explique à l’église, il est hors de doute que vous avez «faim de la parole de Dieu». Mais si, descendant de la souche d’Abraham, vous conservez la noblesse de la race Israélite, alors c’est la loi, ce sont les prophètes qui ne cessent de vous nourrir, et les Apôtres vous servent de somptueux festins. Alors les Évangiles vous invitent à prendre place dans le sein d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,«dans le royaume du Père», pour que vous mangiez là de «l’arbre de vie» et buviez du vin de «la vraie vigne», le «vin nouveau avec le Christ dans le royaume de son Père». Car ces nourritures ne peuvent manquer aux «amis de l’époux», qui ne peuvent souffrir de la faim «tant que l’époux est avec eux».

Dans ce qui suit, il est dit que la terre des prêtres égyptiens ne passa pas sous la domination de Pharaon et que les prêtres ne se vendirent pas eux-mêmes comme fit le reste des Égyptiens. C’est que les prêtres recevaient du froment et des cadeaux qui venaient de Pharaon lui-même et non pas de Joseph. Aussi bien, considérés comme appartenant de plus près à la famille de Pharaon que les autres, ils ne vendirent pas leurs terres à Pharaon. Mais cela montre qu’ils étaient plus pervers puisque cette étroite liaison avec Pharaon leur vaut de ne pas recevoir d’ordre de changement et de garder une possession de mauvais aloi. Et de même que le Seigneur dit à ceux qui étaient avancés dans la foi et la sainteté: «Je ne vous appelle plus serviteurs, mais mes amis», de même Pharaon dit à ces prêtres, comme s’ils étaient parvenus au plus haut degré de la perversité et au sacerdoce de la perdition: «Je ne vous appelle plus serviteurs, mais mes amis». Voulez-vous savoir ce qui distingue les prêtres de Dieu des prêtres de Pharaon? C’est que Pharaon donne des terres à ses prêtres tandis que le Seigneur ne donne pas à ses prêtres de part sur la terre, mais leur dit: «C’est moi qui suis votre part». Vous qui lisez ce texte, observez tous les prêtres du Seigneur et faites la différence entre eux: on dirait que ceux dont la part est sur la terre et qui s’adonnent aux occupations et aux soins terrestres sont moins des prêtres du Seigneur que des prêtres de Pharaon. Car Pharaon veut que ses prêtres possèdent des terres et s’appliquent à la culture des champs mais non de leur âme, il veut qu’ils se consacrent à leur domaine et non à la loi. Tandis que le Christ notre Seigneur, ce qu’il enjoint à ses prêtres, écoutons-le plutôt: «Quiconque ne renonce à tout ce qu’il possède ne peut pas être mon disciple».

Ce disant, je me prends à trembler car avant tout, voici que je me dresse comme mon propre accusateur, voici que je prononce ma condamnation. Le Christ désavoue le disciple qu’il voit posséder et celui qui «ne renonce pas à tout ce qu’il possède». Or quelle est notre conduite? Comment pouvons-nous lire ces exigences et les expliquer aux gens, nous qui, loin de renoncer à ce que nous possédons, voulons encore acquérir ce que nous n’avons jamais possédé avant d’appartenir au Christ? En face des reproches de notre conscience, pouvons-nous cacher et manquer de faire connaître ce qui est écrit? Mais je ne veux pas me charger d’une double faute. J’avoue, oui, j’avoue devant tout le peuple qui m’écoute, que ces exigences sont écrites, mais je reconnais que je ne les ai pas encore suivies.

Et maintenant, profitons au moins de la leçon; hâtons-nous de la suivre, hâtons-nous de quitter les prêtres de Pharaon aux possessions terrestres, pour passer du côté des prêtres du Seigneur dont la part n’est pas sur la terre et dont «la portion est le Seigneur». Il était bien de ces derniers, celui qui disait: «comme des pauvres mais faisant la richesse d’un grand nombre, comme n’ayant rien et possédant tout». Celui-là c’est Paul, et sa pauvreté lui est un sujet de gloire. Voulez-vous entendre aussi les déclarations de Pierre sur lui-même? Écoutez-le avec Jean faire cet aveu commun: «Je n’ai ni or ni argent mais ce que j’ai je te le donne. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche». Les voilà, les richesses des prêtres du Christ; les voilà, les abondantes et précieuses largesses de «ceux qui n’ont rien». Mais ces ressources-là, ce n’est pas la possession de la terre qui peut les procurer.

Nous avons comparé les prêtres égyptiens et les prêtres d’Israël. Comparons maintenant, si vous le voulez, le peuple égyptien et le peuple d’Israël. Il est dit, dans ce qui suit, qu’après la famine et la servitude, le peuple égyptien verse le cinquième de ses revenus à Pharaon; par contre, le peuple d’Israël en verse le dixième aux prêtres. Croyez bien qu’il y a d’excellentes raisons pour étayer ce dire de l’Écriture. Le peuple égyptien, n’est-ce pas, doit payer un tribut où le nombre cinq entre en ligne de compte: et bien par là, ce sont les cinq sens corporels qui sont désignés, dont le peuple charnel est l’esclave. Car les Égyptiens se complaisent toujours aux choses visibles et corporelles. Le peuple d’Israël, au contraire, honore le nombre dix, nombre de la perfection: en effet, il a reçu les dix paroles de la loi et la vertu du décalogue le tient enchaîné, lui permettant de recevoir de la libéralité divine des secrets ignorés de ce monde. Dans le Nouveau Testament, le nombre dix est également à l’honneur: c’est en dix vertus que se déploie, y est-il expliqué, le fruit de l’Esprit; c’est dix mines que le serviteur fidèle offre au Seigneur comme produit de son travail, et c’est de dix villes qu’il reçoit le commandement. Mais il n’est à toute chose qu’un créateur, qu’une origine, qu’un commencement, et c’est le Christ. C’est pourquoi, si le peuple fournit le dixième de ses revenus aux ministres et aux prêtres, il offre toutefois les premiers-nés au «premier-né de toute créature» et les prémices à celui qui est le «commencement de tout», de qui il est écrit: «Il est le commencement, le premier-né de toute créature».

Par tout cela, vous voyez la différence qu’il y a entre le peuple égyptien et le peuple d’Israël, entre les prêtres de Pharaon et ceux du Seigneur. Rentrez en vous-mêmes et demandez-vous à quel peuple et à quel ordre de prêtres vous appartenez. Si vous êtes encore esclaves des sens charnels, si vous payez encore l’impôt où le nombre cinq entre en ligne de compte, si vous vous complaisez aux «choses visibles et temporelles» et si vous méconnaissez les «choses invisibles et éternelles», reconnaissez que vous faites partie du peuple égyptien. Mais si vous avez sans cesse devant les yeux le décalogue de la loi et la décade néotestamentaire que nous avons expliquée plus haut, si vous les offrez en dîmes, si vous immolez en esprit de foi les premiers-nés de votre sens au «premier-né d’entre les morts» et si vous rapportez vos prémices à celui qui est «le commencement de tout», alors «vous êtes un vrai Israélite en qui il n’y a point d’artifice». Quant aux prêtres du Seigneur, si dans l’examen qu’ils font d’eux-mêmes, ils se trouvent affranchis des comportements terrestres et de toute possession mondaine, ils peuvent vraiment dire au Seigneur: «Voici que nous avons tout quitté et que nous t’avons suivi». Alors ils l’entendront dire: «Vous qui m’avez suivi, au renouvellement général, quand viendra le Fils de l’Homme dans son royaume, vous siégerez vous aussi sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël».

Voyons maintenant ce que dit Moïse: «Et Israël, dit l’Écriture, habita en Égypte dans le pays de Gessen». Gessen veut dire proximité, voisinage. Ce qui montre que, s’il habite l’Égypte, Israël n’est cependant pas loin de Dieu mais tout proche de lui et en rapport intime avec lui, selon qu’il dit lui-même: «Je descendrai avec toi en Égypte et je serai avec toi».

Pour nous, il se peut que nous ayons l’air d’être descendus en Égypte, il se peut qu’en vertu de notre condition charnelle nous soutenions les luttes et les combats de ce monde, il se peut que nous habitions au milieu des esclaves de Pharaon; en tout cas, si nous restons près de Dieu, si nous nous appliquons à la méditation de ses commandements, si nous recherchons avec soin «ses préceptes et ses ordonnances», car c’est cela que signifie «être toujours près de Dieu», «penser aux choses de Dieu», «chercher les choses de Dieu», Dieu de son côté sera toujours avec nous par le Christ Jésus notre Seigneur à qui est la gloire dans les siècles des siècles.

Amen.

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