Quand nous lisons les saintes Écritures, il nous faut remarquer, en chaque passage, l’emploi des mots monter et descendre. Avec un peu d’attention, nous découvrirons qu’il n’est presque jamais dit qu’on descend dans un lieu saint, ni qu’on monte dans un lieu peu recommandable. Ces remarques montrent que l’Écriture divine n’est pas écrite, comme le pensent beaucoup, en un style malhabile et grossier, mais qu’elle est conforme aux règles de la science divine, moins appliquée aux récits historiques qu’aux réalités et aux sens mystiques.

Vous trouverez donc écrit que ce sont les descendants d’Abraham qui descendirent en Égypte et par contre, que ce sont les fils d’Israël qui montèrent de l’Égypte. D’Abraham lui-même il est dit: «Abraham monta de l’Égypte dans le désert avec son épouse et tout ce qui lui appartenait, et Lot avec lui». Et dans la suite, il est dit d’Isaac: «Le Seigneur lui apparut et lui dit: Ne descends pas en Égypte». Mais les Ismaélites, eux aussi descendants d’Abraham, qui portaient «des parfums, de la résine et du baume», descendirent en Égypte, et c’est avec eux que l’Écriture dit de Joseph: qu’«il descendit en Égypte». Après quoi l’Écriture dit: «Jacob, voyant qu’on vendait du blé en Égypte, dit à ses fils: Pourquoi restez-vous sans rien faire? Voici que j’apprends qu’il y a du blé en Égypte, descendez-y, achetez-nous de quoi manger pour que nous vivions et que nous ne mourions pas». Et un peu plus loin: «Les frères de Joseph descendirent en Égypte pour se procurer du blé». D’ailleurs, lorsque Siméon fut retenu prisonnier en Égypte et que ses neuf frères, une fois relâchés, revinrent chez leur père, il n’est pas écrit qu’ils montèrent d’Égypte, mais qu’«ils mirent le blé sur leurs ânes et s’en allèrent». Il ne convenait pas de dire qu’ils montèrent puisque leur frère était retenu captif en Égypte et qu’eux, l’esprit et le cœur anxieux, lui restaient pour ainsi dire douloureusement attachés par les liens de l’amour. Mais quand ils ont recouvré leur frère, quand Joseph s’est fait connaître et que Benjamin lui a été présenté, quand ils repartent dans la joie, c’est alors qu’il est dit qu’«ils montèrent d’Égypte et vinrent dans la terre de Canaan chez leur père Jacob». C’est le moment où ils disent à leur père: «Ton fils est vivant et c’est lui qui commande à toute la terre d’Égypte». On ne peut en effet éviter de dire que ceux qui annoncent que Joseph est vivant et qu’il commande à toute l’Égypte montent de préoccupations bien humbles et bien basses à d’autres extrêmement élevées.

Voilà, pour l’instant, ce qui nous est venu à l’esprit au sujet de ces mots de montée et de descente, ceux que cela intéresse peuvent en profiter pour réunir dans l’Écriture plusieurs passages à l’appui de cette assertion.

Voyons maintenant comment nous devons entendre la parole: «Ton fils Joseph est vivant». Je ne pense pas que cette parole ait été dite dans le sens ordinaire. Supposons, par exemple, que Joseph eût pu être vaincu par la passion et qu’il eût péché avec la femme de son maître; je ne pense pas que les patriarches eussent annoncé à leur père Jacob: «Ton fils Joseph est vivant» car après un tel forfait, assurément il n’aurait plus été vivant: «L’âme qui pèche mourra».

Suzanne nous enseigne la même chose lorsqu’elle dit: «De tous côtés l’angoisse m’environne. Si je fais cela (c’est-à-dire, si je pèche) c’est la mort pour moi, et si je ne le fais pas, je n’échapperai pas de vos mains». Vous voyez donc qu’elle aussi considère le péché comme une mort. La recommandation faite par Dieu au premier homme contient aussi le même enseignement: «Le jour où vous en mangerez, dit l’Écriture, vous mourrez». Et aussitôt que l’homme eut enfreint le commandement, il mourut. Elle est morte, en effet, l’âme qui a péché, et le serpent est accusé de l’avoir trompée pour avoir dit: «Vous ne mourrez point». Voilà ce qu’il y avait à dire sur cette parole des fils d’Israël à Jacob: «Ton fils est vivant».

Dans la suite, l’Écriture rapporte des paroles analogues quand elle dit: «Et l’esprit de Jacob leur père se ranima, et Israël dit: C’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit encore vivant». L’expression latine : «L’esprit se ranima» (ressuscitatus est spiritus) se dit en grec ἀναζωπυρέω, ce qui signifie moins ranimer que proprement rallumer ou réenflammer. C’est ce qu’on dit quand on fait repartir avec des brindilles un feu qui est tombé et presque éteint: on dit qu’il est rallumé. Quand la flamme d’une lampe baisse et paraît vouloir s’éteindre, si on la ranime en versant de l’huile, on dit encore, quoique l’expression soit moins bonne, que la lampe est rallumée. Et on emploiera des expressions analogues s’il s’agit d’une torche ou d’autres luminaires. C’est donc quelque chose de semblable en Jacob que paraît indiquer cette manière de parler. Car tant que Jacob fut loin de Joseph et tant qu’on ne lui avait pas annoncé que celui-ci était vivant, son esprit baissait en quelque sorte en lui, et la lumière qui était en lui, manquant d’aliment, commençait déjà à s’éteindre. Mais quand arrivèrent ceux qui lui annonçaient que Joseph était en vie (c’est-à-dire ceux qui disaient que «la vie était la lumière des hommes»), il ralluma en lui-même son esprit et la vraie lumière reprit en lui tout son éclat. Le feu divin peut parfois s’éteindre même parmi les saints et les fidèles. Écoutez donc le conseil de l’apôtre Paul à ceux qui méritaient de recevoir la grâce et les dons de l’Esprit: il disait «N’éteignez pas l’esprit». Comme si Jacob avait éprouvé quelque chose de pareil à ce que Paul prescrit d’éviter, et comme s’il avait repris des forces à la nouvelle que Joseph était vivant, il est écrit de lui: «Jacob ranima son esprit, et Israël dit: c’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit encore vivant». Il faut remarquer que celui qui ranime son esprit, cet esprit qui semblait presque éteint, est appelé Jacob, mais celui qui dit: «C’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit vivant», montrant par là qu’il pressent que la vie enclose en la réalité spirituelle de Joseph est une grande chose, n’est plus appelé Jacob mais Israël, parce qu’il semble voir en esprit la vraie vie, c’est-à-dire le Christ Dieu véritable.

Mais ce qui l’émut, ce ne fut pas seulement d’entendre dire que son fils Joseph était vivant, ce fut surtout la nouvelle que Joseph «commandait à toute l’Égypte», car c’est vraiment une grande chose que d’avoir réduit en son pouvoir toute l’Égypte. Fouler aux pieds la convoitise, fuir la luxure, contenir et brider toutes les voluptés du corps, c’est bien là «commander à toute l’Égypte». Et voilà ce qu’Israël trouve grand et ce qui le ravit d’admiration. Or quiconque, tout en dominant quelques-uns des vices de son corps, cède cependant et se soumet à d’autres, ne passe pas pour commander absolument à toute l’Égypte mais pour gouverner tout au plus une, deux ou trois cités. Joseph, lui, qu’aucune passion corporelle ne put vaincre, fut le prince et le maître de toute l’Égypte. Donc ce n’est plus Jacob mais Israël à l’esprit ranimé qui dit «C’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit vivant. J’irai et je le verrai avant de mourir».

Mais il ne faut pas laisser sans explication que c’est son esprit, envisagé comme la meilleure partie de lui-même et non pas son âme, qui fut selon l’Écriture ranimé ou rallumé. Car l’éclat de la lumière qui était en lui a fort bien pu ne pas être éteint complètement quand ses fils lui présentèrent la tunique de Joseph toute souillée de sang de bouc, et que lui-même fut pris à leur mensonge au point de «déchirer ses vêtements, de mettre un sac sur ses reins et de pleurer son fils sans vouloir être consolé», mais en disant: «Je descendrai en pleurs vers mon fils dans le séjour des morts». Si donc sa lumière ne fut pas complètement éteinte, elle fut du moins considérablement obscurcie pour qu’il ait pu être trompé, pour qu’il ait déchiré ses vêtements, pleuré inutilement, invoqué la mort et désiré descendre en pleurs au séjour des morts. C’est pourquoi il ranime maintenant et rallume son esprit, car il était bien naturel que l’annonce de la vérité rallumât et ranimât en lui la lumière que la tromperie du mensonge avait obscurcie.

Nous avons dit que Jacob est celui qui «ranime son esprit» et Israël celui qui dit: «C’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit vivant». Vous qui m’écoutez, vous pouvez donc, en partant du passage où il est écrit: «Et il dit: Ton nom ne sera plus Jacob mais Israël, car tu t’es affermi auprès de Dieu et tu es devenu puissant parmi les hommes», vous pouvez donc en parcourant toute l’Écriture découvrir la différence entre ces appellations. Ainsi par exemple, quand il est dit: «Fais-moi connaître ton nom», celui qui ignore le nom, dans ce passage, n’est pas appelé Israël mais Jacob. Par contre, dans le passage où les patriarches «ne mangent pas le grand nerf qui est à l’articulation de la hanche», ils ne sont pas appelés fils de Jacob mais fils d’Israël. De même, celui qui «levant les yeux, vit venir Esaü et avec lui quatre cents hommes», puis qui se prosterna sept fois devant le Prévaricateur, l’impie, l’homme qui «pour un repas avait vendu son droit d’aînesse», n’est pas appelé Israël mais Jacob. Quand il lui offre des présents et qu’il dit: «Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, accepte ces présents de ma main car c’est pour cela que j’ai vu ta face comme on voit la face de Dieu», il n’était pas Israël mais Jacob. Et quand il apprit que Dina, sa fille, avait été outragée, il n’est pas appelé Israël mais l’Écriture dit: «Jacob garda le silence jusqu’au retour de ses fils». Mais vous aussi, comme j’ai dit, avec un peu d’attention, vous ferez des remarques semblables.

Dans la lecture d’aujourd’hui donc, ce n’est pas Jacob mais Israël qui dit: «C’est une grande chose pour moi que mon fils Joseph soit encore vivant». Et quand il arrive au puits du serment et qu’«il offre un sacrifice au Dieu de son père Isaac», il n’est pas appelé Jacob mais Israël. Si vous demandez pourquoi Dieu, lui parlant en songe la nuit, ne lui dit pas «Israël, Israël» mais «Jacob, Jacob», c’est sans doute parce qu’il faisait nuit et qu’il en était toujours à mériter d’entendre la voix de Dieu en songe et non pas encore directement. Quand il se rend en Égypte, l’Écriture ne dit pas Israël mais «Jacob et ses fils avec lui». Quand il est en présence de Pharaon pour le bénir, il est appelé Jacob et non Israël. C’est Jacob et non pas Israël qui dit à Pharaon que «les jours de sa vie ont été courts et mauvais», ce que ne dirait certes jamais Israël. Ensuite, au contraire, ce n’est pas de Jacob mais d’Israël qu’il est dit: «Il appela son fils Joseph et il lui dit: si j’ai trouvé grâce à tes yeux, mets la main sous ma cuisse et use envers moi de bonté et de fidélité». Celui qui se prosterna vers le sommet du bâton de Joseph n’était pas Jacob mais Israël. Puis quand il bénit les fils de Joseph, il est appelé Israël. Quand il réunit ses fils autour de lui, il dit: «Rassemblez-vous, que je vous annonce ce qui vous arrivera à la fin des jours. Rassemblez-vous, fils de Jacob, et écoutez Israël votre père». Vous vous demandez peut-être ici pourquoi l’on appelle «fils de Jacob» ceux qui se réunissent, tandis que l’on appelle Israël celui qui bénit. Prenez garde que cela ne veuille indiquer que leurs progrès ne les avaient pas encore menés au niveau des mérites d’Israël, aussi sont-ils appelés «fils de Jacob» en signe d’infériorité, tandis que Jacob, pour lors parfait et bénissant en fonction de l’avenir qu’il voyait, est appelé Israël. Si l’Écriture dit que les ensevelisseurs égyptiens ensevelirent Israël et non Jacob, cela paraît assez embarrassant, mais je pense que l’Écriture veut indiquer par là l’état détestable de ceux qui ont avili en eux tout sens du bien et toute pénétration dans l’intelligence spirituelle. Elle leur attribue pour cela l’ensevelissement d’Israël car il y a des saints morts et ensevelis au milieu des impies. Voilà donc, autant que les choses ont pu se présenter à notre esprit pour le moment, ce que nous pouvions dire de la différence entre Jacob et Israël.

Après cela, il convient d’examiner attentivement ce que Dieu dit en songe à cet Israël et comment il le fortifie et l’encourage en l’envoyant en Égypte, comme s’il partait au combat. Il lui dit: «Ne crains pas de descendre en Égypte», ce qui revient à dire: «au moment où tu vas rencontrer les princes, les puissants et les dominateurs de ce monde de ténèbres, (lequel en figure s’appelle l’Égypte), ne crains pas, ne tremble pas. Et si tu veux savoir pourquoi il ne faut pas avoir peur, écoute ma promesse: « Là je te ferai devenir une grande nation, je descendrai avec toi en Égypte et moi-même à la fin je t’en ferai revenir ».» Aussi ne doit-il pas craindre de «descendre en Égypte», ne doit-il pas craindre d’affronter les luttes de ce monde ni les combats avec les démons ennemis, celui avec qui Dieu descend au combat. Écoutez l’apôtre Paul: «J’ai travaillé plus qu’eux tous, dit-il, non pas moi pourtant mais la grâce de Dieu qui est avec moi». A Jérusalem, alors qu’une sédition s’était élevée contre lui et qu’il soutenait péniblement un magnifique combat pour la parole et la prédication du Seigneur, le Seigneur lui apparut et lui dit, en termes semblables à ceux qui sont adressés maintenant à Israël: «Ne crains pas, Paul, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu me rendes témoignage dans Rome».

Mais je crois qu’il se cache un mystère encore plus profond dans ce texte. Car elle me frappe, cette parole de l’Écriture: «Je ferai de toi une grande nation, je descendrai avec toi en Égypte et moi-même à la fin je t’en ferai revenir». Quel est en effet celui qui est devenu une grande nation en Égypte et qui à la fin en a été rappelé? On pense qu’il s’agit de Jacob et pourtant ce n’est pas vrai. Car à la fin, Jacob n’est pas revenu d’Égypte puisqu’il y est mort. Et il serait sot de dire que Dieu a fait revenir Jacob du fait que son corps a été ramené. Sinon, il serait faux que «Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants». Il ne faut donc pas entendre ce retour d’un mort mais bien reconnaître qu’il concerne des hommes vivants et valides. Demandons-nous alors si cela ne serait pas la figure de la descente du Seigneur en ce monde, de son accroissement en «une grande nation», c’est-à-dire en l’Église qui réunit les nations, et de son retour au Père à la consommation de toutes choses; ou bien encore la figure du premier homme qui descendit en Égypte au milieu des combats quand, chassé des douceurs du paradis, il aborda les souffrances et les misères de ce monde et qu’on lui fit entrevoir le combat contre le serpent par ces paroles: «Tu le guetteras à la tête et il te guettera au talon», et par ces paroles également, dites à la femme: «Je mettrai une inimitié entre toi et lui, entre ta postérité et sa postérité». Cependant Dieu n’abandonne pas ceux qui se trouvent dans ce combat, il est toujours avec eux. Il se plaît en Abel, il reprend Caïn; il vient à l’appel d’Enoch; au déluge, il fait construire à Noé l’arche du salut; il fait sortir Abraham de son pays et de sa famille; il bénit Isaac et Jacob, il fait sortir de l’Égypte les fils d’Israël; par Moïse, il écrit la Loi de la lettre et, par les Prophètes, il la complète dans ses insuffisances. Voilà ce que signifie, quand il s’agit de Dieu, «être avec eux en Égypte».

Quant au texte: «Je t’en ferai revenir à la fin», je pense, comme nous avons dit tout à l’heure, qu’il signifie qu’à la fin des siècles, le fils unique de Dieu «est descendu aux enfers» pour le salut du monde et qu’il en a ramené le premier homme. Il faut comprendre en effet que la parole dite au larron: «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis», ne lui a pas été dite à lui seulement mais à tous les saints pour lesquels le Fils de Dieu était descendu aux enfers. C’est de la sorte, plus réellement qu’en Jacob, que s’accomplira la parole: «Je t’en ferai revenir à la fin». Mais aussi, chacun de nous, de la même façon et par le même chemin, entre en Égypte et au milieu des combats. S’il mérite que Dieu ne s’éloigne pas de lui, il deviendra «une grande nation». Cette grande nation, c’est le nombre des vertus et l’abondance de la justice en laquelle l’Écriture dit que les saints croissent et multiplient. Ainsi voilà encore une autre manière dont s’accomplit la parole: «Je t’en ferai revenir à la fin» car la fin, c’est la perfection des choses et la consommation des vertus. Aussi un autre saint disait: «Ne me fais pas revenir au milieu de mes jours», et l’Écriture donne encore ce témoignage au grand patriarche Abraham: qu’«il mourut plein de jours».

«Je t’en ferai revenir à la fin», c’est comme si Dieu disait: «Puisque tu as combattu le bon combat, que tu as gardé la foi, que tu as achevé ta course, je vais te faire revenir de ce monde à la béatitude future, à la perfection de la vie éternelle, à la couronne de justice que le Seigneur donnera à la fin des siècles à tous ceux qui l’aiment».

Mais voyons encore comment il faut entendre le texte: «Joseph posera ses mains sur tes yeux». Sous le voile de cette phrase, je pense qu’il se cache beaucoup de mystères et de sens secrets qu’il n’est pas le moment d’aborder ni de poursuivre. Pourtant il ne sera pas inutile de dire que certains de nos prédécesseurs ont cru voir là une prophétie. Car il était de la tribu de Joseph, ce Jéroboam qui fit deux veaux d’or et voulut entraîner le peuple à les adorer. Aussi, Joseph, en mettant les mains sur les yeux d’Israël, lui boucha les yeux pour ainsi dire et l’aveugla pour qu’il ne vît pas son impiété. Sur quoi l’Écriture de dire: «Tout cela à cause de l’impiété de Jacob et à cause du péché de la maison d’Israël. Quelle est l’impiété de Jacob? N’est-ce pas Samarie?» Mais on peut nier que ces paroles, où Dieu, sous l’apparence d’un témoignage de piété, marquait l’avenir, doivent être amenées à signifier une action répréhensible. Nous dirons alors que le vrai Joseph, Notre Seigneur et Sauveur, comme il mit ses mains de chair sur les yeux d’un aveugle et lui rendit la vue qu’il avait perdue, étendit de même ses mains spirituelles sur les yeux de la Loi qu’avait aveuglés l’intelligence charnelle des Scribes et des Pharisiens, et leur rendit la vue en sorte que la vue et l’intelligence spirituelles de la Loi apparaissent à ceux pour qui le Seigneur ouvre les Écritures.

Puisse le Seigneur Jésus nous «mettre ses mains sur les yeux», à nous aussi, pour que nous nous décidions à tourner les regards non pas vers les choses visibles, mais vers les invisibles! Qu’il nous ouvre les yeux qui ne s’arrêtent pas aux choses présentes mais aux choses futures, et qu’il nous dévoile ce regard du cœur qui contemple Dieu en Esprit, par le Seigneur Jésus-Christ lui-même à qui soient la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

Amen.

Pin It on Pinterest

Share This