Nous trouvons sans cesse les patriarches en train de creuser des puits. L’Écriture rapporte en effet qu’Isaac, lorsque Dieu l’eut «béni et comblé de richesses», entreprit une grande œuvre: «Il se mit à creuser des puits, ces puits qu’avaient creusés ses serviteurs au temps de son père Abraham et que les Philistins avaient bouchés et remplis de terre». Or «il campa d’abord près du puits de vision», et c’est illuminé par le puits de la vision qu’il entreprit de déboucher les autres puits. Non pas en premier lieu des puits nouveaux, mais ceux qu’avaient déjà creusés son père Abraham.

Lorsqu’il eut creusé un premier puits, «les Philistins lui portèrent envie» mais il ne se laissa pas intimider par leur jalousie et ne plia pas devant l’envie: «il creusa de nouveau les puits qu’avaient creusés les serviteurs d’Abraham son père et qu’avaient obstrués les Philistins après la mort d’Abraham son père. Et il leur donna les mêmes noms que son père leur avait donnés». Ainsi creusa-t-il les puits que son père avait creusés et que les Philistins, par malveillance, avaient comblés de terre. Il en creusa aussi de nouveaux dans la vallée de Guerar, pas lui toutefois mais ses serviteurs, et «ils trouvèrent là un puits d’eau vive». Mais les bergers de Guerar se querellèrent avec les bergers d’Isaac en disant que l’eau était à eux. Et il nomma le puits Injustice, car ils avaient agi injustement envers lui. Mais Isaac s’éloigne, échappant à leur méchanceté. «Et il creusa un autre puits au sujet duquel il y eut encore une querelle. Et il le nomma « Inimitié ». Et il s’éloigna. Et il creusa encore un autre puits au sujet duquel il n’y eut pas de querelle. Il le nomma « Abondance », car maintenant, dit-il, Dieu nous a mis au large et nous a fait croître dans le pays».

A juste titre, le saint apôtre, considérant la profondeur des mystères, dit quelque part: «Et qui donc les peut pénétrer?» De la même manière, (ou plutôt bien différemment, puisque nous sommes tellement au-dessous de lui!), apercevant nous aussi tant de profondeur dans les mystères des puits, nous disons: «Et qui donc les peut pénétrer?» Oui, qui pourrait expliquer dignement les secrets de ces puits si profonds ou ceux des actes qui sont rapportés à leur sujet? Invoquons donc le Père de la Parole Vivante, qu’il daigne mettre sa Parole dans notre bouche afin qu’à votre soif nous puissions offrir un peu d’eau vive puisée à ces puits si abondants et si nombreux.

Il y a donc les puits que les serviteurs d’Abraham ont creusés, mais les Philistins les ont comblés de terre. C’est eux qu’Isaac entreprend d’abord de déblayer. Les Philistins détestent les eaux et aiment la terre; Isaac aime les eaux, il recherche les puits, déblaye les anciens, en ouvre de nouveaux. Contemplez notre Isaac, figure de celui qui s’est offert en victime pour nous: il vient dans la vallée de Guerar, dont le nom signifie muraille ou barrière, il vient «renverser le mur de séparation, l’inimitié, dans sa chair»; il vient enlever la barrière, c’est-à-dire le péché qui met une séparation entre nous et Dieu, cette barrière qui s’élève entre nous et les vertus célestes. Par là, «des deux peuples il n’en fait qu’un», et la brebis perdue, voici que «sur ses épaules» il la ramène jusqu’aux montagnes et la rend aux «quatre-vingt dix-neuf autres qui n’étaient pas perdues». Notre Sauveur, cet Isaac, une fois dans cette vallée de Guerar, veut donc avant tout creuser les puits qu’avaient creusés les serviteurs de son Père. Autrement dit, il veut renouveler les puits de la loi et des prophètes obstrués par les Philistins.

Mais quels sont ceux qui remplissent les puits de terre? Ceux, à n’en pas douter, qui donnent à la loi un sens terrestre et charnel et lui interdisent un sens spirituel et mystérieux, en sorte qu’ils ne s’y abreuvent pas ni ne permettent aux autres de le faire. Écoutez ce que notre Isaac dit dans l’Évangile: «Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous avez enlevé la clé de la science, vous-mêmes n’êtes point entrés et vous avez empêché ceux qui voulaient entrer». Les voilà donc, ceux qui comblent de terre «les puits creusés par les serviteurs d’Abraham», ils enseignent la loi charnellement et ils souillent les eaux de l’Esprit Saint. Ils possèdent des puits non pour en tirer de l’eau mais pour y jeter de la terre. Tels sont les puits qu’Isaac entreprend de creuser, voyons maintenant comment il s’y prend.

Les serviteurs d’Isaac, ce sont les apôtres de notre Seigneur. «Un jour de Sabbat qu’ils passaient au travers des moissons, ils arrachaient des épis et, les froissant dans leurs mains, les mangeaient». Là-dessus, réflexion de ceux qui avaient obstrué les puits de son Père: «Voici que tes disciples font ce qui n’est pas permis le jour du sabbat». Mais lui, essayant de dégager leur esprit enlisé, leur dit: «N’avez-vous pas lu ce que fit David quand il eut faim, lui et ses compagnons, comment il entra chez le grand-prêtre Abiathar et mangea, lui et ses serviteurs, les pains de proposition qu’il n’était permis de manger qu’aux seuls prêtres?» Et il ajouta: «Si vous compreniez cette parole: Je veux la miséricorde et non le sacrifice, vous n’auriez jamais condamné des innocents». Mais eux, à cela, que repartent-ils? Ils s’en prennent à ses serviteurs et disent: «Cet homme n’est pas envoyé de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat». Telle est donc la façon dont Isaac recreusa les puits «qu’avaient creusés les serviteurs de son Père».

Moïse était serviteur de son Père, lui qui avait creusé le puits de la loi; David, Salomon, les prophètes et d’autres étaient serviteurs de son Père, eux qui avaient écrit les livres de l’Ancien Testament, ces livres que submergea l’interprétation toute terrestre et grossière des Juifs. Aussi lorsque notre Isaac voulut leur rendre leur pureté et montrer que tout ce que la loi et les prophètes avaient dit «était dit de lui-même», nos Philistins lui cherchèrent querelle. Mais il s’éloigne. Il ne peut rester avec ceux qui, au lieu d’eau dans leurs puits, veulent de la terre. Il leur dit: «Voici que votre maison vous sera laissée solitaire».

Alors Isaac, ou plutôt ses serviteurs, creusent de nouveaux puits. Serviteurs d’Isaac: Matthieu, Marc, Luc et Jean; serviteurs: Pierre, Jacques et Jude; serviteur: l’apôtre Paul; tous puisatiers du Nouveau Testament. Mais contre eux s’élèvent «ceux qui n’ont de goût que pour les choses terrestres», ceux qui ne laissent ni découvrir du nouveau, ni purifier l’ancien. Ils s’attaquent aux puits évangéliques, ils sont les adversaires des puits apostoliques. Et parce qu’ils s’attaquent à tout et s’en prennent à tout, c’est pour eux qu’il est dit: «Puisque vous vous jugez indignes de la grâce de Dieu, désormais nous irons aux Gentils».

Après cela, Isaac creusa un troisième puits «et il nomma ce lieu « Abondance », disant: Maintenant, le Seigneur nous a mis au large et nous a fait croître dans le pays». Vraiment, Isaac a été mis au large et son nom a grandi sur toute la terre quand il nous a remplis de la connaissance de la trinité. Car autrefois «Dieu n’était connu qu’en Judée et c’était en Israël seulement que l’on invoquait son grand nom», tandis que maintenant «leur son parcourt toute la terre et leurs accents vont jusqu’aux extrémités du monde». Les serviteurs d’Isaac se sont répandus sur toute la surface de la terre ils ont creusé des puits, ils ont montré «l’eau vive» à tous, «baptisant toutes les nations au nom de Jésus-Christ», car«au Seigneur appartient la terre et tout ce qu’elle renferme».

Or quiconque est parmi nous ministre de la parole de Dieu, creuse un puits et cherche de l’eau vive dont il réconforte ses auditeurs. Si donc je me mets, moi aussi, à expliquer les paroles des anciens, si j’y cherche un sens spirituel, si j’essaye d’enlever «le voile de la loi» et de montrer que l’Écriture a «un sens allégorique», pour ma part je creuse des puits. Mais aussitôt, les amis de la lettre d’élever contre moi des calomnies, de m’attaquer, de manigancer sans trêve des oppositions et des poursuites, disant qu’il ne peut y avoir de vérité que sur la terre. Pour nous, puisque nous sommes serviteurs d’Isaac, aimons les puits d’eau vive et les sources. Éloignons-nous de ces brouillons et de ces menteurs et laissons-les à la terre qu’ils aiment. Ne cessons jamais de creuser des puits d’eau vive. Et dans nos explications de l’ancien comme du nouveau, rendons-nous semblables à ce Scribe de l’Évangile dont le Seigneur a dit qu’il «tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes». Si, parmi ceux qui m’écoutent discourir, il en est un de versé dans les lettres profanes, peut-être pense-t-il: «Tu nous empruntes ce que tu dis et c’est là la science de notre profession. Cette éloquence avec laquelle tu dissertes et enseignes, c’est la nôtre», il me cherche querelle, comme un Philistin qui dirait: «C’est sur mon terrain que tu as creusé ton puits», s’imaginant revendiquer à bon droit ce qui est son propre domaine. A cela, je répondrai que toute terre contient des eaux mais qu’un Philistin qui n’«a de goût que pour les choses terrestres» ne sait pas, en toute terre, découvrir de l’eau; il ne sait pas, en toute âme, découvrir la raison (rationabilem sensum) et l’Image de Dieu; il ne sait pas qu’il peut y avoir, chez tous, foi, piété, sens religieux. A quoi vous sert l’instruction si vous ne savez pas vous en servir, et la parole si vous ne savez pas parler? C’est là justement l’œuvre des serviteurs d’Isaac: en toute terre, ils creusent des puits d’eau vive, c’est-à-dire qu’à toute âme ils disent la parole de Dieu et ils en recueillent le fruit.

Voulez-vous voir maintenant les grands puits qu’un seul des serviteurs de notre Isaac a creusés en terre étrangère? Regardez Paul qui, «depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’à l’Illyrie, a porté partout l’Évangile de Dieu». A chacun de ces puits, il a subi les persécutions des Philistins. Écoutez-le: «Que d’ennuis à Iconium, à Lystres» et «à Ephèse»! Combien de fois a-t-il été battu et lapidé? Combien de fois a-t-il combattu contre les bêtes? Mais il a persévéré jusqu’à ce qu’il parvînt à la plénitude, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il eût établi les Églises sur toute la surface de la terre. Ainsi donc les puits creusés par Abraham, c’est-à-dire les écrits de l’Ancien Testament, ont été remplis de terre par les Philistins, que ce fussent de mauvais docteurs, comme Scribes et Pharisiens, ou des puissances adverses: leurs ouvertures furent bouchées pour qu’ils ne pussent donner à boire aux descendants d’Abraham. Oui, ce peuple ne peut pas boire aux Écritures et «la soif de la parole de Dieu» le tourmente, jusqu’à la venue d’Isaac qui dégage les puits où boiront ses serviteurs. Soyons donc pleins de reconnaissance pour le Christ, fils d’Abraham, dont il est dit: «Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham», qui est venu et nous a déblayé les puits. Il les déblayait pour ceux qui disaient: «Est-ce que notre cœur n’était pas brûlant en nous quand il nous ouvrait les Écritures?» Ainsi ouvrit-il ces puits et «il les nomma comme les avait nommés Abraham son père», car il ne les changea pas de nom.

On peut s’étonner que Moïse ait encore gardé pour nous son nom de Moïse, et chaque prophète le sien. C’est que le Christ, sans les changer de nom, a changé la manière de les entendre. Il a opéré ce changement, de nous détourner désormais des «fables judaïques» et des «généalogies indéfinies», car il est dit: «ils ferment leurs oreilles à la vérité et les ouvrent à des fables». Ainsi a-t-il ouvert les puits: il nous a enseigné que Dieu n’est pas à chercher en un lieu déterminé et nous a appris qu’«un sacrifice est offert à son nom en tout endroit de la terre». C’est maintenant en effet «le temps où les vrais adorateurs adorent le Père» non plus à Jérusalem ni sur le mont Garizim, mais «en esprit et en vérité». Ce n’est donc pas dans un lieu ni sur la terre que Dieu habite, mais dans le cœur. Vous cherchez alors où se trouve Dieu? Dieu se trouve en un cœur pur. C’est là en effet qu’il fera sa demeure, selon qu’il l’a dit par le prophète: «J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux, et ils seront mon peuple et je serai leur Dieu, dit le Seigneur».

Remarquez bien que chacune de nos âmes contient en quelque sorte un puits d’eau vive, il y a en elle un certain sens céleste, une image de Dieu enfouie: c’est ce puits que les Philistins, c’est-à-dire les puissances adverses, ont obstrué de terre. De quelle terre? Des comportements charnels, des pensées terrestres, et c’est pourquoi «nous avons porté l’image de l’homme terrestre». C’est quand nous portions cette image de l’homme terrestre que les Philistins obstruèrent nos puits de terre. Mais maintenant qu’est venu notre Isaac, accueillons sa venue et creusons nos puits, rejetons-en la terre, purifions-les de toute ordure, de toute pensée fangeuse et terrestre: nous trouverons en eux l’eau vive, cette eau dont le Seigneur dit: «Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive sortiront de sa poitrine». Et remarquez la libéralité du Seigneur: ce sont des puits que les Philistins ont comblés, et de maigres filets d’eau qu’ils nous ont disputés; à leur place, il nous est rendu des sources et des fleuves. Si vous, qui m’écoutez aujourd’hui, vous recueillez fidèlement ce que vous entendez, notre Isaac travaille aussi en vous et purifie vos cœurs des comportements terrestres. Sachant que de si profonds mystères sont cachés dans les divines Écritures, vous progressez en discernement, vous progressez en comportements spirituels. Vous deviendrez docteurs à votre tour et il émanera de vous «des fleuves d’eau vive». Car il est là, le Verbe de Dieu, et son opération actuelle est d’écarter la terre de votre âme à chacun, pour faire jaillir votre source. Cette source est en vous et ne vient pas du dehors, comme «le royaume de Dieu qui est en vous».

Ce n’est pas au dehors mais chez elle, que la femme qui avait perdu sa drachme la retrouva: elle avait allumé sa lampe, elle avait balayé sa maison des ordures et des saletés qu’y avait accumulées une longue et paresseuse négligence, et c’est là qu’elle retrouva sa drachme. Quant à vous, si vous allumez votre lampe, si vous vous servez de l’illumination de l’Esprit Saint, «si vous voyez la lumière dans sa lumière», vous trouverez la drachme en vous. Car c’est en vous que se trouve l’image du roi céleste.

Quand Dieu fit l’homme au commencement, «il le fit à son image et ressemblance», et il n’imprima pas cette image à l’extérieur mais au-dedans de lui. On ne pouvait pas la voir en vous tant que votre maison était sale, pleine d’ordures et de plâtras. Cette source de perfection était en vous mais elle ne pouvait pas jaillir, puisque les Philistins l’avaient remplie de terre et vous avaient fait ressembler à l’homme terrestre. Ainsi vous avez porté jadis l’image de l’homme terrestre, mais après ce que vous venez d’entendre, débarrassés par le Verbe de Dieu de cette grande masse de terre qui vous oppressait, faites resplendir en vous, maintenant, «l’image de l’homme céleste». C’est cette image dont le Père disait au Fils: «Faisons l’homme à notre image et ressemblance». L’artisan de cette image est le Fils de Dieu. Artisan d’une telle valeur que son image peut bien être obscurcie par la négligence mais non pas détruite par la malice. L’image de Dieu demeure toujours en vous, même quand vous y superposez de vous-même celle de l’homme terrestre. Le tableau de celui-ci, c’est vous qui en êtes le peintre. La luxure vous a terni? C’est une première couleur terrestre dont vous vous êtes recouvert. L’avarice vous brûle? C’est une autre couleur que vous y avez mêlée. La colère vous emporte? C’est une troisième couleur que vous ajoutez. Et l’orgueil en apporte une autre, et l’impiété une autre. Ainsi vous êtes le peintre par toutes sortes de fautes qui, réunies, en sont pour ainsi dire les diverses couleurs de cette «image de l’homme terrestre» que Dieu n’a pas mise en vous. Aussi nous faut-il prier Celui qui dit par les prophètes: «Voici que je détruis tes iniquités comme une vapeur et tes péchés comme de la fumée». Lorsqu’il aura détruit en vous toutes ces vilaines couleurs tirées des noirceurs de la malice, alors c’est la belle image créée par Dieu qui resplendira en vous. Ainsi vous voyez comment les divines Écritures proposent des représentations et des figures qui renseignent l’âme sur la connaissance et la purification de soi.

Vous voulez encore voir une autre description de cette image? Et bien il y a le billet que Dieu écrit et il y a celui que nous écrivons, nous. Écoutez l’Apôtre: «Détruisant l’acte qui était écrit contre nous dans les décrets et nous était contraire, il l’a fait disparaître en le clouant à la croix». Cet acte dont il parle était un reçu de nos péchés, car chacun de nous est débiteur de ses fautes et écrit le billet de reconnaissance de son péché. Au jugement de Dieu, que Daniel représente assis, il y a, dit-il, «des livres ouverts», pour contenir, sans doute, les péchés des hommes. C’est nous qui les avons écrits contre nous avec nos fautes. Et cela trouve une illustration dans l’Évangile quand il est raconté de l’économe d’iniquité qu’il dit à chaque débiteur: «Prends ton billet, assieds-toi et écris: quatre-vingts…» et la suite. C’est bien à chacun, n’est-ce pas, qu’il est dit: «Prends ton billet». D’où il ressort que notre billet est un billet de péché, tandis que le billet de justice, c’est Dieu qui l’écrit. En ce sens, l’Apôtre dit: «Vous êtes ma lettre écrite, non avec de l’encre mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre mais sur des tables de chair, sur vos cœurs». Vous avez donc en vous le billet de Dieu et le billet de l’Esprit Saint mais si vous péchez, vous signez contre vous l’acte écrit du péché. Remarquez que lorsque vous êtes venus à la croix du Christ et à la grâce du baptême, votre écrit a été crucifié et a été effacé dans l’eau du baptême. N’écrivez pas à nouveau ce qui a été effacé, ne rétablissez pas ce qui a été supprimé: ne gardez en vous que le billet de Dieu, ne conservez en vous que l’écriture de l’Esprit Saint.

Mais revenons à Isaac et creusons avec lui des puits d’eau vive. Les Philistins peuvent susciter des oppositions et des querelles, n’en persévérons pas moins avec Isaac à creuser des puits, jusqu’à ce qu’il nous soit dit: «Bois de l’eau de tes puits et de tes sources». Creusons au point que les eaux du puits surabondent sur nos places publiques, creusons au point d’arriver à une science des Écritures suffisante non seulement pour nous mais pour enseigner les autres et les instruire, creusons pour que boivent les hommes, creusons pour que boivent aussi les troupeaux. Écoutez, sages! Écoutez, simples! «Le docteur de l’Église est débiteur envers les savants comme envers les ignorants», il doit abreuver les hommes et il doit abreuver les troupeaux car le Prophète a dit: «Seigneur, tu sauveras hommes et bêtes». Pour cela, daigne le Seigneur Jésus lui-même, notre Sauveur, nous illuminer et purifier nos cœurs, Lui à qui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

Amen.

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